La gauche que la CIA préférait : documents déclassifiés révèlent comment Lula a été choisi face à Brizola en 1989.

Deux documents explosifs remettent en lumière une vérité que la gauche officielle au Brésil cherche depuis des décennies à enterrer : en 1989, lors de la première élection présidentielle directe après la dictature, les États-Unis et leurs élites influentes avaient déjà une préférence claire pour une gauche « acceptable », modérée et alignée sur leurs intérêts.

Cette gauche, c’était celle de Luiz Inácio Lula da Silva.

L’autre, celle de Leonel Brizola – nationale, travailliste, anti-impérialiste et réellement indépendante –, était vue comme un danger.

Les archives déclassifiées, dont un mémo de la CIA et un rapport d’intelligence brésilien, le prouvent sans ambiguïté.

Mais ces révélations ne s’arrêtent pas à 1989.

D’autres sources, comme le livre explosif Seja feita a vossa vontade de Gerard Colby et Charlotte Dennett – qui détaille la conquête de l’Amazonie par Nelson Rockefeller via l’évangélisme et les intérêts pétroliers –, montrent que l’influence des Rockefeller et de la CIA sur les syndicats brésiliens remonte bien plus loin.

Dès les années 1960-1970, des programmes de formation aux États-Unis, financés par des entités liées à la CIA comme l’AIFLD (Institut américain pour le développement du travail libre) et l’AFL-CIO, servaient à former une génération de leaders syndicaux « modérés ».

Et Lula, selon des témoignages directs, en a bénéficié dès le début de sa carrière.

Aujourd’hui, en 2026, avec Lula de retour au pouvoir pour un troisième mandat, ces révélations prennent une dimension encore plus grave : elles confirment que le PT et son leader historique n’ont jamais été la gauche souverainiste qu’ils prétendent être, mais une option contrôlée, financée et promue par les cercles globalistes américains – Rockefeller, Fondation Ford, Council of the Americas, AFL-CIO et, en toile de fond, la CIA.

La crise de 1989 : le Brésil au bord du gouffre et les élites en panique.

Rappelons le contexte. Le Brésil sortait de 21 ans de régime militaire (1964-1985), un régime qui, malgré ses défauts, avait au moins préservé le pays du chaos communiste qui ravageait l’Amérique latine.

L’« ouverture » initiée par Geisel et Figueiredo avait conduit à la Constitution de 1988 et aux élections directes de 1989.

Mais le pays était en ruines économiques : hyperinflation à près de 1 000 % par an, dette extérieure écrasante, plans de stabilisation qui s’effondraient les uns après les autres.

La misère explosait, les grèves se multipliaient, et les élites industrielles tremblaient.

Dans ce chaos, Leonel Brizola surgissait comme le favori naturel de la gauche. Gouverneur charismatique de Rio, héritier direct de Getúlio Vargas et de João Goulart, il incarnait une gauche nationale-populiste : défense de l’industrialisation brésilienne, réforme agraire, éducation massive via les CIEPs, et surtout une fermeté anti-impérialiste.

Brizola avait résisté au coup de 1964 avec la « chaîne de la légalité », avait passé 15 ans en exil, et revenait auréolé d’une victoire éclatante à Rio en 1982.

Pour les militaires et les grands patrons, il était l’homme à abattre : un « radical » qui pouvait nationaliser, rompre avec le FMI et défier Washington.

C’est exactement ce que révèle le mémo CIA déclassifié.

Le mémo CIA : Brizola le danger, l’armée sollicitée pour un coup.

Le document, préparé pour le Secrétaire d’État américain à la fin des années 1980, s’intitule « Brazil: Pressures for a Coup ».

Il est clair et direct : « Des industriels brésiliens influents envoient des signaux, via l’ancien président le général Geisel, au haut commandement militaire pour indiquer qu’une intervention est nécessaire. » Geisel, selon la CIA, rejette pour l’instant, mais la pression est réelle.

Pourquoi cette panique ? Parce que « la détérioration de l’économie améliore les perspectives électorales de Leonel Brizola ». La CIA le décrit sans détour : « un homme de gauche en conflit de longue date avec l’armée ».

Les analystes américains estiment que l’armée n’interviendra pas sans chaos total, et – attention – qu’elle « laisserait probablement Brizola prendre ses fonctions » plutôt que de risquer un putsch impopulaire.

Mais entre les lignes, le message est clair : Brizola est un problème. Il est surveillé, craint.

La CIA ne dit pas qu’elle veut un coup d’État, mais elle note avec satisfaction que l’armée pourrait finalement tolérer… autre chose. Et cet « autre chose », c’est précisément ce qui se passe : l’émergence fulgurante d’une alternative de gauche plus « raisonnable ».

Le voyage de Lula à New York : les rencontres qui en disent long.

Le second document, un rapport d’intelligence brésilien de 1989, est encore plus révélateur. Il détaille un voyage de Lula à New York en mai 1989, juste au moment où la campagne s’emballait.

Lula, alors leader syndical et fondateur du PT, rencontre qui ? Pas n’importe qui :

  • La Chambre de commerce USA-Brésil
  • Le Council of the Americas (lobby puissant fondé par David Rockefeller)
  • Peter Bell, de l’Inter-American Dialogue, financé massivement par la Fondation Ford
  • Des journalistes du New York Times

Ces organisations ne sont pas neutres.

– Le Council of the Americas a toujours défendu les intérêts des multinationales américaines en Amérique latine.

– La Fondation Ford, souvent accusée d’être un bras du « soft power » américain, a financé pendant des décennies des intellectuels et mouvements « modérés » pour contrer les nationalismes radicaux.

Ces rencontres ne sont pas anodines : elles servent à présenter Lula comme un leader responsable, prêt à négocier avec le capital étranger, à respecter la dette, à ne pas effrayer les marchés.

Ces contacts montrent une préférence claire : Washington et Wall Street voulaient une gauche qui ne remette pas en cause l’ordre établi.

Brizola, avec son discours souverainiste, était inacceptable.

Lula, pragmatique et ouvert au dialogue avec les élites globales, était l’option idéale.

Les racines plus profondes : Rockefeller, la CIA et la formation syndicale de Lula dès les années 1970.

Mais l’histoire ne commence pas en 1989.

Le livre Seja feita a vossa vontade (édition brésilienne de Thy Will Be Done), de Gerard Colby et Charlotte Dennett, publié en 1995, révèle l’ampleur de la stratégie Rockefeller au Brésil.

La couverture même du livre est éloquente : Nelson Rockefeller, souriant aux côtés d’un dictateur militaire brésilien (Emílio Garrastazu Médici), symbolise des décennies de collusion entre les intérêts pétroliers américains, l’évangélisme missionnaire et les régimes autoritaires pour « conquérir » l’Amazonie.

À la page 499, les auteurs documentent comment, dès 1963, l’AIFLD – soutenu par George Meany, président de l’AFL-CIO et allié de Nelson Rockefeller – organisait des sessions de formation aux États-Unis pour des dizaines de syndicalistes brésiliens.

Ces programmes, selon le livre, étaient devenus un « bras auxiliaire de la CIA » pour infiltrer et modérer les mouvements ouvriers, évitant ainsi des radicalisations à la cubaine.

La CIA était active au Brésil depuis 1962, et ces formations servaient à créer une génération de leaders syndicaux alignés sur les intérêts américains.

Or, selon le livre Jogo Duro de l’entrepreneur Mário Garnero (proche des Bush et intermédiaire influent), Lula lui-même a suivi ces formations : des cours AFL-CIO à l’université Johns Hopkins, à Baltimore, entre 1972 et 1973.

Garnero, qui n’a aucune raison de mentir sur ce point, affirme que cela a marqué la préparation internationale du jeune syndicaliste.

En 2019, Lula a reçu le prestigieux prix George Meany-Lane Kirkland des droits humains décerné par l’AFL-CIO – le même George Meany cité dans le livre de Colby et Dennett comme allié clé des Rockefeller et de la CIA.

Ces éléments montrent que l’«investissement» américain dans Lula date de ses débuts dans le syndicalisme de l’ABC paulista.

Tandis que Brizola, exilé et résistant pur, représentait une menace souverainiste, Lula était formé, dès les années 1970, dans les circuits contrôlés par les Rockefeller et leurs réseaux syndicaux anti-communistes.

La campagne de 1989 : comment Brizola a été écarté.

Les sondages de 1988-1989 plaçaient Brizola largement en tête. Il incarnait l’espoir d’une gauche authentiquement brésilienne. Mais soudain, deux phénomènes convergent :

  1. Les médias, notamment Rede Globo, propulsent Fernando Collor, le « chasseur de marajás », candidat de la droite libérale.
  2. Lula progresse rapidement, grignotant l’électorat populaire de Brizola.

Au premier tour : Collor 30,5 %, Lula 17,2 %, Brizola 16,5 %. Quelques dizaines de milliers de voix seulement séparent Lula de Brizola.

Ce dernier dénoncera une fraude électronique – une accusation qui, avec le recul, prend une saveur particulière quand on voit les débats actuels sur les urnes.

Au second tour, les élites se rangent massivement derrière Collor pour bloquer Lula. Mais le mal était fait : Brizola, le vrai danger pour le système, avait été neutralisé.

Et Lula ? Il devient le leader incontesté de la gauche pour les décennies suivantes.

Lula et les globalistes : une longue histoire d’alignement.

Ces documents de 1989, complétés par le livre de Colby et Dennett et le témoignage de Garnero, ne sont que le début. Par la suite, le PT et Lula multiplieront les liens avec les mêmes cercles :

  • La Fondation Ford financera des ONG et intellectuels proches du PT.
  • George Soros, via ses fondations, soutiendra des causes alignées avec le Foro de São Paulo, mais toujours dans une logique « progressiste » compatible avec le globalisme.
  • Fernando Henrique Cardoso, avant de devenir président néolibéral, fréquentait les mêmes think tanks.

Lula président (2003-2010) appliquera une politique sociale ambitieuse, certes, mais sans jamais rompre avec le FMI, sans nationalisations massives, sans défi réel à l’hégémonie américaine.

Au contraire : intégration accrue dans l’économie mondiale, accords avec les multinationales.

Aujourd’hui, en 2026, Lula III poursuit la même ligne : alignement sur l’agenda climatique globaliste, censure des réseaux sociaux en partenariat avec les Big Tech, rapprochement avec les Démocrates américains.

Pendant ce temps, les vrais souverainistes – ceux qui défendent l’industrie nationale, l’armée comme garante de l’ordre – sont criminalisés.

Brizola, le grand perdant de l’histoire.

Leonel Brizola, lui, restera jusqu’à sa mort en 2004 un symbole de ce qu’aurait pu être une gauche brésilienne indépendante. Il soutiendra Lula en 1994 et 1998 par pragmatisme, mais n’a jamais caché ses critiques envers le sectarisme du PT.

S’il avait gagné en 1989, le Brésil aurait peut-être pris une autre voie : plus nationale, moins soumise aux diktats de Washington et de Wall Street.

Au lieu de cela, nous avons eu Collor (corrompu et impeaché), FHC (privatisations massives), puis Lula et Dilma, avec leurs scandales Lava Jato, suivis du retour de Lula après une libération politiquement orchestrée.

Conclusion : les documents parlent, l’histoire se répète.

Les archives déclassifiées enrichies par le livre choc de Colby et Dennett sur l’empire Rockefeller et les formations syndicales CIA-AFL-CIO dont Lula a bénéficié dès les années 1970, ne laissent aucun doute : dès ses origines, Lula représentait la gauche que les États-Unis pouvaient tolérer, former, promouvoir et financer.

Brizola était le danger réel, celui qu’il fallait marginaliser.

En 2026, ces révélations doivent servir d’alerte.

Le Brésil a besoin d’une droite patriotique et d’une gauche vraiment nationale pour sortir de l’emprise globaliste.

Tant que Lula et le PT domineront la gauche, ils resteront l’option « sûre » pour ceux qui, de New York à Davos, décident du sort des nations émergentes.

Il est temps de relire l’histoire sans les filtres de la narrative officielle.

Les documents sont là. Ils parlent. Et ils accusent.

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